Drôles de Rêves — Seuils et courants

Une longue marche. Nous arrivons dans un lieu où tout semble suspendu : les pavés et les murs de pierre portent la mémoire de l’ancien, tandis qu’une animation discrète annonce quelque chose de nouveau. C’est comme si nous étions sur le seuil d’un passage vers un ailleurs.

Il y a un escalier qui descend, un passage vers autre chose. Je m’avance seul, intrigué. En descendant, l’espace devient plus sombre. Les dernières marches sont baignées d’un filet d’eau translucide, comme un murmure de rivière glissant sur le granit.

J’avance, fasciné par cette fluidité discrète. Au loin, à travers les ouvertures, le Golden Gate se profile, suspendu dans la lumière diffuse. C’est une promesse, un horizon au loin vers lequel l’escalier semble mener.

Je passe le gué, et arrive sur un large palier où des gens s’entassent dans un énorme ascenseur. J’observe et préfère attendre tranquillement ma compagne. Elle me rejoint et l’ascenseur presque trop plein part sans nous.

Une employée s’approche de nous et nous propose de prendre un ticket pour le prochain. Nous nous regardons sur ce seuil, suspendu entre attente et mouvement…



Un filet d’eau

Glisse sur la pierre sombre.

L’escalier descend,

Et déjà l’horizon,

Rouge suspendu

Dans la brume…