Une ville, très vaste, immense et très ouverte. Un fleuve la traverse, incroyablement large. L’air est clair. Les distances sont grandes.
Je suis avec un ami. Nous avançons à bord d’un moyen de transport des plus singuliers : des plateformes de pierre glissant sur d’autres blocs, le tout à ciel ouvert. Pas de cabine, pas de moteur. Un mouvement simple, fluide, presque silencieux.
Une civilisation étrange mais familière.
Nous passons un des ponts qui enjambent le fleuve. Je laisse mon ami et descends à la station suivante.
Je longe un trottoir. Rien de spécial : des pavés, une grande avenue, de la lumière.
Soudain, un souvenir me revient : j’ai rendez-vous dans une demi-heure de l’autre côté du fleuve !
Je hausse les épaules.
« Tant pis si je suis en retard, j’y vais à pied.»
Je traverse l’avenue. Peu de circulation. Une impression de calme, presque trop grande pour une ville si vaste.
Et tandis que je me dirige vers le pont, quelque chose attire mon regard :
Un portail vert. Haut, discret, un peu ancien et une plaque. Je m’approche et déchiffre :
Jardin des litocéens.
Intrigué, je m’arrête.
J’entre :
Du vert, des arbustes, et de grandes marches qui descendent vers le fleuve. J’avance.
L’air change. Plus doux, plus frais. Comme un lieu séparé du reste, ouvert mais protégé.
Charmé par le lieu, je continue à descendre.
Plus bas, j’évolue entre de grands arbres et…
d’étranges blocs de pierre, massifs, gris, avec quelque chose de vivant, et avec ce qui ressemble à un œil. Ils m’observent peut-être ou ils dorment, je ne sais pas trop. Mais il se dégage une incroyable douceur…
Un son retentit, insistant.
Mon téléphone !
Je décroche, c’est mon rendez-vous.
Et le jardin s’évanouit…

Un fleuve s’ouvre, large, vivant.
Des pierres glissent sur d’autres pierres,
passage d’un monde à l’autre.
Je traverse.
Un souffle ancien me guide.
Dans un jardin
Des formes veillent —
immenses, douces ;
Appel
