Une chambre, mais pas exactement une chambre. Un espace de transit, calme, suspendu.
On me dit qu’il faut se préparer à partir que la fin est proche…
Je regarde autour de moi. Des objets sont dispersés un peu partout comme des souvenirs épars. Je commence à rassembler ce qui m’importe.
Ce sont des statues en bois, petites et grandes. Certaines ont l’air totémiques, d’autres plus simples, presque abstraites. Je les rassemble toutes autour de moi, près d’une table, sous la lumière d’une fenêtre ouverte. Je les dispose, les observe sous toutes leurs faces.
Une est cassée : une sorte de coiffe ou de casque, est séparé du reste. Je tente de le remettre en place. Lentement. Avec soin. Le bois craque légèrement, tiède sous mes doigts…
Puis je m’interroge, c’est bien beau mais comment transporter tout ça ?
Trop d’objets, trop de formes, trop de poids. Je regarde chaque pièce, hésite, lesquelles choisir, en plus je n’ai pas de sac.
Le temps presse. Et là l’évidence surgit !
Je prends la plus petite. Elle tient dans ma main, chaleur, énergie, lumière et je la place contre mon cœur.
Elle disparaît, se fond en moi, et tout devient joyeux, léger.
Je sais que c’est suffisant. Peu importe le reste : la chambre, la fin imminente, le poids du monde : tout peut rester ;
Et je suis prêt.

Chambre suspendue
Fin imminente
Bois chaud et craquant
Statues assemblées
Petite dans la main
Contre le cœur
Silence
Tout reste
Joie,
Départ léger
