Drôles de Rêves — Une surface vivante


Je suis dehors. La nuit est là, douce.

Pas noire.

Une clairière à peine éclairée. Il y a des gens autour. Assis peut-être, simplement présents.
Ils ne parlent pas.

On dirait qu’ils attendent… ou qu’ils regardent sans vraiment regarder.
Devant moi, une table.
— Enfin une sorte de table…
La surface est étrange. Souple.
Comme un tissu épais ou une peau tendue.
Je m’approche et je pose les mains.
C’est légèrement tiède.
Mes doigts explorent.
Les paumes suivent.
Et très vite, quelque chose engage mon corps tout entier. Je bouge à peine, les pieds ancrés dans le sol

Mes bras entament de curieux mouvements, souples, coordonnés. Mes mains glissent sur la surface.
Et ça répond.
Une vibration fine.
Puis plus ample.
Et là

—  Surprise  !

Une couleur apparaît.
Un jaune.
Un jaune vivant. Lumineux de l’intérieur.
Puis un vert profond. Comme s’il respirait.
Ça ne recouvre pas la surface.
Ça émerge juste sous mes doigts.
Je ralentis.
Chaque mouvement appelle une réponse.
Les couleurs se mêlent, se déplacent, se transforment.
Puis il y a du son, très léger.
Une présence vibre.
Je m’arrête.
Tout se calme.
Je touche à nouveau.
Et ça revient…
Je reste là un moment.
À jouer ou peut-être à laisser faire.
Quelque chose apparaît.
Quelque chose de vivant, une ouverture…



Sous les paumes,

Les couleurs respirent, sans effort.
Le corps écoute,
     Quelque chose naît,

Dans la nuit douce, une surface vivante me traverse