Une petite ville au bord de la mer.
Des rues anciennes. Des façades de pierre. Une atmosphère qui pourrait être celle de certaines villes côtières normandes.
Je quitte le centre-ville où j’étais avec quelques personnes.
Je descends vers la plage.
La mer est haute. Très haute.
Je marche un peu et m’avance dans l’eau. Je suis accompagné. Et nous regardons devant nous.
Il y a une vieille bâtisse. Une construction ancienne en pierre claire presque blanche. Un seul étage. Elle semble là depuis toujours.
C’est marée montante.
L’eau entre doucement dans la maison. Elle l’entoure, la recouvre par endroits.
C’est étrangement beau ; les vagues glissent autour des murs. La lumière se diffuse dans l’air humide. La pierre et l’eau semblent presque se mélanger…
Je regarde plus haut sur le rivage.
Là aussi, il y a des bâtiments anciens. Des immeubles aux façades élégantes, comme ceux des siècles derniers.
Une pensée me traverse, à haute voix :
— Eux aussi, bientôt, seront atteints par les vagues…
Puis je décide de remonter.
A peine arrivé sur le front de mer, je retrouve un ancien ami avec qui je travaillais autrefois sur des sujets scientifiques.
Nous échangeons quelques mots et nous arrivons à un embranchement.
Il part vers le centre-ville, là d’où je venais au début.
Je crois qu’il pense que je vais le suivre. J’essaie de lui dire que je vais dans l’autre direction. Mais il ne m’entend pas. Il continue de son côté en parlant tout seul.
Ce n’est pas grave.
Je prends mon chemin, celui pavé, le long des façades tournées vers le littoral.
Mais il est soudain plus étroit.
J’hésite… et emprunte une rue qui remonte vers un faubourg.
La rue est pavée de vieilles pierres. Mais sur le sol, il y a de petites ombres bizarres.
— Beurk, ce sont des crottes de chien.
Ce n’est pas très agréable. Pourtant je m’arrête.
Des personnes passent près de moi. Elles me jettent un coup d’œil, un peu étonnées et pressent le pas.
— Pourquoi est-ce qu’il reste planté là, celui-là ?
Je ne sais pas, j’hésite encore.
Puis je lève les yeux.
Sur la façade des maisons, de petites sculptures apparaissent. Des têtes de petits cochons. Plutôt mignonnes, elles sortent légèrement de la pierre. De la glaise ou peut-être la même couleur et la même matière que…
— Tiens, plus rien au sol.
Je regarde de nouveau les sculptures. Certaines portent des couronnes dorées. Des œuvres vraiment étonnantes.
Bon, je reprends mon chemin.
La rue tourne doucement.
Et peu à peu, elle descend vers le littoral.
La mer est toujours là.
Elle avance, tranquille…

Met monte,
— Vieilles pierres, crottes de chien ;
Lever les yeux : dans la pierre
De l’or se révèle
