Je suis dans une ville.
Elle ressemble étrangement à une ville humaine, et pourtant quelque chose ne va pas tout à fait. Ou plutôt, quelque chose va autrement.
Les bâtiments sont construits avec de petites pierres qui ressemblent à du granit. Des pierres grises, assez régulières, presque comme des pavés soigneusement assemblés. Les murs, les voies, les parapets, tout semble fait de cette même matière minérale.
Je marche.
Des gens aussi marchent. Ils ressemblent à des êtres humains, mais pas tout à fait. Il y a quelque chose de familier dans leurs silhouettes, leurs mouvements, leurs vêtements, et pourtant je sais qu’ils ne sont pas vraiment humains.
Je visite.
Il y a du vent. Un souffle qui circule entre les bâtiments et qui vient parfois soulever légèrement les vêtements. Un vent agréable, doux, qui donne à l’air quelque chose de vivant.
Les vêtements des habitants ont de belles couleurs. Des couleurs que je remarque sans vraiment chercher à les nommer. Elles contrastent avec la pierre autour de nous.
Puis je passe sous une grande arche.
De l’autre côté, l’atmosphère change.
C’est plus calme. Plus vaste peut-être.
Je découvre alors toutes sortes de sculptures, de représentations et d’objets qui, pour moi, évoquent des choses spirituelles, religieuses, des rapports avec quelque chose de plus subtil.
Mais ici, ces choses sont vivantes.
Les statues bougent.

Certaines figures ressemblent à des anges. Elles ont une présence très forte. D’autres sont comme des personnages habillés de vrais vêtements. On dirait toujours des statues, et pourtant elles vivent.
Je reste là à regarder. Étonné.
Je ne sais pas combien de temps.
C’est très beau.
Et très étrange…
Puis je décider d’aller visiter un peu plus loin.
J’entre dans un bâtiment, monte quelques étages. Il y a du monde. Je ne sais pas très bien ce que font les gens. Peut-être visitent-ils eux aussi ?
Je continue à me promener.
Puis j’arrive dans une vaste pièce avec une grande ouverture dans un mur, comme une arche.
Il n’y a pas de fenêtre. Seulement une baie dans le mur, légèrement en ogive, et suffisamment grande pour laisser entrer le ciel tout entier.
Dehors, c’est bleu, immense.
Je regarde.
Puis je me dis que j’ai fait le tour.
Je peux partir.
Alors je m’approche du bord et je me lance et, sans surprise, commence à m’envoler…
Mais presque aussitôt, je sens quelqu’un m’attraper. Quelqu’un a dû remarquer ce que je faisais et s’est élancé pour me retenir. Je sens sa prise sur moi, peut-être sur ma jambe.
Et je me dis :
— Oh non, zut…
Je connais cette sensation peu agréable d’être retenu. Mais cette fois, quelque chose d’autre se produit.
La personne qui m’a agrippé passe au-dessus de moi dans une sorte de pirouette. Son mouvement nous entraîne, nous dansons dans le vide, dessinons comme un arc dans l’air puis, sous son poids, nous redescendons
Puis nous atterrissons en douceur dans la cour.
Ce qui nous relie se relâche,
Et cette fois, je quitte le lieu pour de bon …

Sous le vent, les pierres respirent
— Pirouette,
Danse dans le ciel
